Comment vaincre sa timidité ?

ponton saint-tropez, dépasser sa timidité

La timidité n’est ni une tare, ni un défaut. C’est un trait de caractère, estompé ou accentué par l’éducation que l’on reçoit, les expériences relationnelles que l’on a pu avoir. Lorsque l’on s’enferme dans sa timidité chaque pas vers les autres devient vite une épreuve à surmonter. Il en découle des situations grotesques, frustrantes, source de mal être. On ne veut pas gêner les autres, alors au sein d’un groupe si on n’a pas compris quelque chose, on n’ose pas demander de plus amples explications et on reste avec nos questions. Il y a à la fois la peur de déranger et la peur du jugement des autres. C’est humiliant de se laisser dépasser dans la file d’attente et de ne rien oser dire n’est ce pas? On s’en veut de se laisser faire, on rumine notre rancoeur. On se sent illégitime pour donner son avis dans une conversation et nulle d’être comme çà.

Je sais… 

Je suis timide et réservée de nature. Rien que d’être devant mon ordinateur à écrire cet article, il y’a quelque chose en moi qui me retient, qui m’empêche d’écrire avec assurance. C’est un assaut de questions diverses dans ma tête : « Toi ? tu vas leur parler de gérer la timidité ? Comment oses-tu ? Tes conseils vont être d’un banal, çà ne va aider personne… etc etc »… Mais en quelque sorte je me force à passer outre ces pensées négatives pour vous livrer mon expérience et aider ceux et celles qui sont malheureux à cause de ce foutu trait de caractère. 

Ma timidité m’a pourri la vie par moment et j’essaie de reprendre le contrôle pour changer çà. Si dans certaines situations je ne me sens toujours pas à l’aise, j’ai fait d’énormes progrès. Je ne me laisse plus dépasser, j’adore rencontrer de nouvelles personnes et discuter des heures, j’ai animé des visites guidées devant des centaines de personnes, je donne mon avis en réunion, ne me fait plus refiler une carte orange mensuelle si je n’ai besoin que d’une hebdomadaire : pas mal non ? 

Voici ce qui m’a aidé. 

Comprendre d’où vient sa timidité : mon expérience personnelle 

Recette de la timidité 

Il me semble que tout commence pendant l’enfance et qu’il suffit d’une touche de timidité due au caractère et de quelques ingrédients mis bout à bout au fil d’un concours de circonstances pour que des habitudes soient prises. 

Personnellement j’ai reçu une éducation, qui a le mérite de m’avoir enseigné la politesse, mais qui ne m’a pas encouragé à prendre confiance en moi. A la maison, il n’était pas question de contredire mes parents ou d’oser répondre. Du coup, j’avais déjà l’habitude de ne pas trop exprimer mon avis.

Parmi les enfants du quartier, il y avait ceux plus âgés qui ne voulaient pas que je les collent et les plus jeunes qui jouaient ensemble : situation banale mais qui a des conséquences. J’ai appris à m’occuper toute seule, à observer et faute d’avoir un interlocuteur j’ai pris l’habitude d’avoir une sorte de discussion intérieure.  

Ma timidité a été accentuée par un complexe physique

Cygne timide, vaincre sa timidité, cygne majestueux

Ensuite, et c’est là que tout s’aggrave, j’avais sept ans et je me suis cassée les dents. C’était l’été, je jouais pour une fois avec une voisine de mon âge, j’ai voulu faire un dernier tour de vélo. Mon père me demandait de rentrer. J’y suis allée quand même. Cécilia m’a doublé et fait une queue de poisson, j’ai freiné, glissé sur les graviers. J’ai suis tombée, mon visage a frappé le guidon. J’avais la figure en sang, mes dents toutes neuves récemment poussées étaient cassées en biais. J’ai subi des mois de soins chez le dentiste pour au final avoir les deux dents de devant noirâtres jusqu’à mes quatorze ans. Je vous laisse envisager les conséquences : je n’ouvrais plus la bouche. Je ne souriais plus ou me cachais derrière ma main. Sur mes carnets de notes on pouvait lire chaque trimestre : « Cécile est une petite élève studieuse mais trop discrète ». Le mal était fait, des habitudes étaient prises. J’avais toujours cultivé les réflexes de quelqu’un de timide, réservé, qui ne parle pas, qui cherche plutôt à se faire oublier.

Et ce jusqu’en quatrième quand enfin on m’a mis une sorte de prothèse dentaire provisoire en attendant d’avoir des couronnes à l’âge adulte. 

Premier soulagement. 

 

La rééducation passe par la prise de conscience 

Oh surprise : je suis jolie et çà attire du monde !

Ma première rééducation fut donc de ne plus me percevoir comme affreuse. A l’âge où d’ordinaire les adolescents souffrent d’acné, de voix chevrotante ou sont affublés d’appareils dentaires en tout genre, pour moi la roue avait tourné. J’étais épargnée de tous ces désagréments. J’ai changé d’établissement scolaire au lycée. Personne ne me connaissait, et autant vous dire qu’avec avec mes nouvelles dents, j’étais ravie de pouvoir repartir de zéro.

Cécile et un ange rêveur

@CécileCollas

 

 

Cà m’a fait un bien fou. A tel point que même si je n’avais toujours pas grand chose à dire, rien que le fait de me sentir mieux dans ma peau physiquement j’attirais les gens. Des copines jolies qui faisaient partie des coqueluches du lycée et les garçons. Je peux vous dire que çà fait du bien au moral. 

 

 

 

Ceux qui se sentent supérieurs sont des cons

Je pensais que le regard des autres sur moi était entrain de changer. Tout çà seulement parce que j’étais jolie. Et je les côtoyais les greluches qui se pavanent et se vantent de plaire à untel ou untel. Cette extrême confiance en soi assumée me paraissait de mauvais gout, injuste, acquise sans labeur. J’entendais celles qui se moquaient de telle ou telle fille mal dans sa peau et çà me faisait de la peine. J’avais tellement appris silencieusement à observer les relations humaines, je connaissais si bien le malaise de ceux qui se sentent et qui sont réellement mis à l’écart. Je crois que çà vient en partie de là. J’aime défendre les incompris, je suis sensible aux émotions des autres. Je ne supporte pas la méchanceté gratuite, ni les vaniteux.

J’ai profité de la nouvelle posture qu’il m’était donné de prendre pour renforcer  mon caractère et dépasser petit à petit ma timidité. 

Quelques solutions pour dépasser sa timidité

éclaboussure,vague, bord de mer, écume, embellir le monde

 

Prendre de nouvelles habitudes

Les neuro-scientifiques ont ces dernières années apporté la preuve de la plasticité cérébrale. Quelle bonne nouvelle  : notre cerveau est reprogrammable à l’infini ! En sachant qu’il faut 21 jours pour ancrer une habitude, il ne tient qu’à nous de tenir bon durant ce laps de temps et de choisir celles que l’on veut faire nôtres. On peut donc par exemple, choisir de prendre l’habitude d’aller vers les autres, de lancer un « bonjour » à l’équipe en arrivant au bureau, de sourire. 

Vous verrez autour de vous de minis changements se produire. Un regard différent sera porté sur vous et cela vous encouragera à garder ce cap et petit à petit vos anciennes peurs s’effaceront.

Accepter cette facette de votre caractère comme une force

Accepter sa timidité, c’est en faire une force. Ce n’est pas grave d’être timide. Certains trouvent même cela charmant. Personnellement je trouve que c’est une forme d’élégance (puisqu’à l’inverse je trouve vulgaires les personnes trop exubérantes). Parler peu mais parler bien, rend la parole rare et de ce fait plus percutante. En étant plus sur l’écoute et l’observation, on développe des grandes qualités : l’empathie, l’intelligence émotionnelle. On sera apprécié pour cela aussi bien dans le monde du travail qu’au sein de son cercle d’amis. 

Vous êtes une belle personne, acceptez-le sans rougir.

Arrêter de penser à la place des autres

Si je vous dis qu’avant je n’osais pas demander la bonne carte de transport si la personne ne m’avait pas donné ce que j’avais demandé par peur de déranger, sérieusement? vous trouvez çà stupide? bah oui, ca l’est ! mais je sais que cette situation n’arrive pas qu’à moi. 

Laissez-moi vous raconter l’histoire d’Assya. J’ai la chance d’avoir des enfants dans mon entourage. Elle vient à coté de moi pour avoir un coloriage. Je savais qu’elle avait déjà fait celui de la princesse et lui demande si elle veut celui avec les voitures « Cars ». Je me doutais que çà ne l’enchanterait qu’à moitié mais n’avais rien de mieux à lui proposer. Elle accepte mais je vois bien qu’elle repart déçue. Cette petite fille a fait l’effort de venir me demander quelque chose et je sais que çà lui coûte car elle est timide. Plutôt que d’aller au bout de sa démarche, elle était prête à repartir avec un dessin qu’elle n’aimait pas. Que pouvait-elle bien avoir en tête? Que je serais énervée après elle ? Que j’allais lui refuser qu’elle fasse deux fois le même? Je n’en sais rien. Elle non plus ne savait pas. Comme tous les timides qui n’osent pas d’ailleurs. On se met une tonne de barrières en tête en se demandant se que vont bien pouvoir penser les autres. C’est horrible comme sensation. Et le pire dans tout çà, c’est que bien souvent les autres, ne pensent rien sur ce sujet, n’ont pas d’avis. Non pas qu’ils soient moins intelligents, mais ils ne se « prennent pas la tête ». Il n’y a pas lieu. Arrêtez de penser à la place des autres, d’essayer de prévoir leurs réactions. Osez demander ce dont vous avez besoin, ce que vous voulez. 

Il faut vous débloquer sur ce point.  Si vous restez poli, vous pouvez tout demander ou tout refuser. Il n’y a pas de mal à çà. 

Oser dire ce que vous pensez 

Je sais à quel point c’est dur et moi-même je fais profil bas. Cette semaine j’ai essayé un nouveau cours de sport. Pas pour la discipline en elle même mais parce que le créneau horaire me convenait. Cardio Kung-fu : tout un programme. Notez que j’y suis allé! J’ai souffert après un an de congé parental et zéro sport. A la fin le prof vient me voir et me fait un speech comme quoi on ne se juge pas, que même si j’avais eu du mal, je devais persévérer, que ça viendrait qu’il ne fallait pas que je me tracasse. J’étais mal à l’aise qu’il pointe du doigts le fait que j’étais en dessous du groupe. J’ai trouvé çà gentil de sa part de venir m’encourager quand même. Je lui ai dit en partant : « Bon à la semaine prochaine alors! ». Gros mensonge !!! Je ne sais même pas pourquoi je lui ai dis çà tout en sachant que je ne reviendrai pas. Cà ne m’avance à rien. Je m’embourbe. C’est nul. J’aurais mieux fait de lui dire que je n’avais pas trouvé çà ludique, que pour une reprise je préfèrais un cours de fitness plus « girly » avec de la musique. Et voilà l’affaire était jouée. Non je n’ai pas osé. Débile. Mais j’en ai conscience. 🙂

Je suis donc preneuse de conseils en tout genre sur ce sujet que vous pouvez me laisser en commentaire. Merci d’avance 😉

Choisir son entourage 

Préférez les petits comités et entourez-vous de personnes bienveillantes. Cela vous parait couler de source ? Alors ne vous forcez pas à assister à des évènements, des soirées, ou vous vous sentez mal à l’aise. Prenez confiance en osant rayonner auprès de personnes qui vous apprécient. C’est pas à pas que l’on gagne en confiance en soi.

Ne vous laissez pas faire !

C’est malheureux à dire mais c’est vrai. Les personnes méchantes s’en prennent aux plus faibles. C’est tellement plus facile. Alors si dans un environnement où un autre on vous cherche des noises, montrez poliment mais surement que vous n’êtes pas dupe. Au travail par exemple, cette situation est chose courante, d’où le nombre impressionnant de burn out. Vous pouvez d’ailleurs lire mon article sur ce sujet.  Si vous faites l’objet de railleries ou que l’on vous envoie des pics, que l’on vous demande toujours plus à vous plus qu’autres et pas toujours sur un ton sympa, c’est que le pervers à qui vous avez à faire s’en donne à coeur joie. Il a trouver sa proie. Donc pour que cela cesse au plus tôt ou n’arrive même jamais, montrez que vous n’êtes pas la victime idéale. 

Trouver des sources d’inspiration

Nous avons tous autour de nous des personnes dont on admire le charisme ou qui nous surprennent par leur audace. Observez-les ! Observez- les et observez aussi les retours qu’elles ont, comment les gens s’adressent à elles. Mon conjoint ne prend de pincettes avec personne. J’en suis parfois mal à l’aise à sa  place. Et bien figurez-vous que les gens ne lui en tiennent pas rigueur à priori et surtout il ne se fait « embêter » par personne. Il m’a donné une astuce. Si quelqu’un te pose une question embarrassante, répond par une autre question. Imparable, j’ai testé pour vous. 

Consigner vos réussites 

J’ai pris l’habitude depuis plusieurs années de dresser un bilan de l’année qui vient de s’écouler. J’ai un carnet pour cela. J’y note les évènements importants, les moments forts, ce qui m’a fait vibrer ou les moments plus durs auxquels j’ai du faire face. Je range tout cela par catégorie : amour, famille, amitié, travail, voyages. J’écris aussi une liste de mes réussites et points d’amélioration qui répond aux défis que je me suis lancés l’année précédente. C’est motivant et on a envie de s’y tenir. C’est aussi très agréable à relire l’année suivante surtout lorsque l’on pointe les réussites car cela permet de mesurer le chemin accompli. En prenant conscience des changements qu’on a été capable d’opérer on « décolle les étiquettes » dont on se sent affublé. Un jour on se dit « tiens! je ne suis plus timide! »

Que vous soyez timide, un peu ou beaucoup, ne vous gâcher pas la vie. Elle est trop courte, les moments passent trop vite pour que notre propre caractère nous rende malheureux et nous empêche d’en profiter. Ne restez pas ancré dans l’idée que rien n’est immuable. Mon exemple (j’espère ne pas avoir été trop ennuyeuse en racontant ma vie) prouve que l’on peut dépasser sa timidité. Les moments moins drôles ont forgé la personne que je suis, m’ont dotée d’empathie. Le chemin que j’ai fait m’a appris que j’étais capable de persévérance, que j’avais des qualités, que je ne valais pas moins qu’autrui. 

 

Donc je récapitule : 

  • je prend de nouvelles habitudes en me tournant vers la autres
  • je perçois ma timidité comme une force
  • j’arrête de penser à la place des autres
  • j’ose dire ce que je pense
  • je choisis mon entourage
  • je ne me laisse pas faire
  • je trouve des sources d’inspiration
  • je consigne mes réussites
  • et petit à petit je deviens donc moins timide 🙂

Et vous ? 

Je vous souhaite d’avoir trouver dans cet article du réconfort et des pistes d’avancées. Dites-moi s’il vous a aidé. Laissez un commentaire pour partager votre propre expérience. Ecrire ses difficultés est déjà un premier pas pour les dépasser et c’est rassurant pour les autres de trouver écho à ses émotions chez quelqu’un d’autre. 

Tout l'intérêt de ce blog réside dans le partage d'expériences, d'impressions. N'hésitez pas à écrire dans les commentaires. Je les lis avec beaucoup d'attention et ça fait toujours plaisir de voir que quelqu'un à lu l'article. 0 comments

Je vous offre une dose de bonnes ondes ? Ca vous dit ?

En soumettant ce formulaire, j'accepte que mes informations soient utilisées uniquement dans le cadre de la demande et de la relation éthique et personnalisée qui peut en découler. Mes données resteront confidentielles et aucun spam ne sera envoyé.